dimanche 27 mai 2007, 18h31, AFP
PLANDRAGON (AFP) - Un inexplicable carambolage entre quatre trains d'un Grand Huit n'en comportant que deux fait 112 morts.


(Le Grand Huit photographié par un visiteur, quelques secondes avant la catastrophe.)


Pour une raison inconnue, quatre trains se sont retrouvés au même moment sur les rails du Grand Huit du parc d'attractions "Dragonland", situé à PlanDragon. En quelques secondes, les véhicules se sont percutés, occasionnant la mort brutale de leurs 112 passagers.

Casse-tête
Alors que les victimes sont encore en train d'être évacuées, tout le monde s'interroge sur les origines de cette catastrophe inédite.
Sous le choc, Robert Guignard, le directeur de Dragonland, n'en revient toujours pas. "C'est tout simplement inexplicable. Certes, le dernier contrôle de l'équipement remonte à novembre dernier, certes il faudra démontrer qu'il n'y a pas eu de défaillance technique ou d'erreur humaine, mais il ne fait pour moi aucun doute que le problème se situe ailleurs. Car en effet, comment expliquer la présence simultanée de quatre trains sur le circuit alors que l'attraction n'en comporte jamais, en tout et pour tout, que deux ?"

Jointe par téléphone, Teresa Redgrave, PDG de la société Upside down qui commercialise ce modèle de Grand Huit dans les parcs d'attractions du monde entier, est formelle. "Nos Grands Huits ne comportent en effet que deux trains. Lorsque le premier effectue son tour sur le circuit, le second est toujours à l'arrêt et charge ses passagers ; celui-ci ne redémarre que lorsque le premier a achevé sa course et revient au stand. Dans le cas présent, nous comptons quatre trains impliqués dans l'accident et un cinquième au stand. Cela fait trois trains de trop sur l'équipement."

Le casse-tête ne fait que commencer pour les enquêteurs mobilisés. L'un d'eux confie : "Nous sommes perplexes mais les faits sont là : à 13h27 il y avait bien cinq trains au total sur l'attraction. Il est peu probable que M. Guignard ait pu installer en cachette trois trains supplémentaires entre hier soir et ce matin. Par ailleurs, Dragonland connaît depuis quelques années une baisse de sa fréquentation qui ne permet pas de tels investissements, et la file d'attente du Grand Huit, jamais très longue, ne justifie pas d'augmenter les cadences. Et de toute façon, autant de trains sur un équipement de cette taille, c'est simplement impossible. La preuve !"

"Bafouillage spatio-temporel"
C'est donc du côté des scientifiques que l'on se tourne pour comprendre ce qui a bien pu se passer. Jean-Paul Petit, chercheur au CNRS, n'hésite pas à avancer les hypothèses les plus farfelues. "Pour moi, il pourrait s'agir d'une sorte de "bafouillage spatio-temporel" : les trains de plusieurs instants 't' se sont dématérialisés de leur temps présent pour se rematérialiser au même moment dans le nôtre. L'identification des victimes et des numéros de série des trains devrait permettre d'accréditer mon hypothèse. Si elle était vraie, on pourrait s'attendre dans le futur à ce qu'à plusieurs reprises le train du Grand Huit disparaisse purement et simplement des rails."

Mais pour l'heure, la question de la réouverture de Dragonland, qui accueille chaque année plus de cent mille visiteurs, est posée. Cette théorie pourrait-elle survivre à une fermeture définitive ? "Pour le moins", répond Jean-Paul Petit, "nous nagerions en plein paradoxe."

Ce soir Bernard Fabry, le maire de PlanDragon, tente d'apporter son soutien aux familles durement frappées par la catastrophe. "Je ne peux m'empêcher de penser que si la structure avait cassé sous le surpoids des trains supplémentaires, le bilan aurait pu être bien plus lourd."


(c) AFP



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