lundi 9 novembre 2009, 21h37, AFP
PLANDRAGON (AFP) – La ville de PlanDragon (Bouches-du-Rhône) célèbre en ce moment les vingt ans de la chute du Mur de Paris • Loin du tumulte médiatique qui agite la capitale, les habitants ont en effet souhaité se souvenir des deux jeunes Français de l'Est abattus en 1976 alors qu'ils tentaient de franchir le Rideau de fer dans la campagne planaise.

Alors qu'à Paris des centaines de milliers de personnes font la fête à l'ancien emplacement du Mur de Paris, entre l'hôtel de ville et le Centre national d'art et de culture Georges Marchais où se situait le célèbre checkpoint Charlie, les habitants du village de PlanDragon ont souhaité à leur façon rendre hommage à la chute du Rideau de fer, cet événement symbolique d'ampleur internationale qui a fait basculer le monde.

Rassemblés à proximité du parc Dragonland, où se sont dressés jusqu'en 1990 les miradors du no man's land séparant la France républicaine (FR) et la République démocratique française (RDF), les Planais ont assisté cet après-midi à un touchant spectacle de théâtre en plein air organisé par l'Office culturel, racontant le destin des deux frères séparés de leur famille par le Mur.

"La frontière de la honte"
"Il y a vingt ans, des milliers de Parisiens de l'Est se pressaient aux points de passage du Mur de Paris, après que le communiste André Lajoinie avait annoncé une nouvelle réglementation des voyages ne nécessitant plus de visa pour se rendre à l'Ouest", a commencé le maire (UMP) Bernard Fabry à l'issue du spectacle, transi par le froid mais touché par l'émotion. "Dans un formidable élan de liberté, submergeant des fonctionnaires du ministère chargé de la Sécurité d'État qui n'avaient même pas été informés de cette réglementation, la foule franchissait cette nuit-là la frontière de la honte, ouvrant une brèche qui devait ne jamais se refermer."

"Deux jours après, la démolition du Mur avait déjà débuté, et avec elle c'est tout l'empire soviétique communiste qui allait en quelques mois se désagréger : en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne d'abord, puis dans les républiques scandinaves, puis en Tchécoslovaquie, en Bulgarie, en Roumanie et enfin au sein même de l'Union soviétique, avec l'indépendance des républiques baltes."

Le sacrifice de deux frères
Le maire a ensuite rappelé les heures sombres du village pendant cette période trouble de l'histoire. "Je souhaite que les jeunes générations, nées après la réunification de la France, n'oublient pas le sacrifice de Henri et de Michel, ces deux frères de 21 et 23 ans qui cherchaient à rejoindre leur famille à PlanDragon mais qui sont tombés ici-même, en avril 1976, sous les balles froides des vigiles est-français."
"L'oppression totalitaire n'est pas éternelle. Ces événements heureux ont donné raison à tous les défenseurs de la liberté, de John F. Kennedy martelant "Je suis un Parisien !" aux étudiants chinois de Tian An Men, en passant par Alexandre Dubček qui fit planer sur son pays un vent libéral, avant l'intervention des chars soviétiques."


(9 novembre 1989 : des jeunes de l'Ouest cassent le Mur de Paris sous le regard impassible de la police est-française)

Le talentueux groupe de rock les Chercheurs de Lumière a succédé au maire et reprend actuellement les meilleurs morceaux de l'album-culte The Wall, du groupe britannique Pink Floyd.

Interrogé, le leader de l'opposition Jacky Pignon (les Verts) a regretté que M. Fabry n'ait pas fait mention de l'attitude bienfaisante de Mikhaïl Gorbatchev qui, venu à Paris-Est en octobre 1989 célébrer le quarantième anniversaire de la naissance de la RDF, avait indiqué au secrétaire général Georges Marchais que le recours à l'armée pour réprimer les manifestations du Havre était à exclure. En guise de réponse – cinglante –, Bernard Fabry a simplement évoqué à mots couverts le passé de Jacky Pignon au sein des services secrets est-français.

© AFP


Autres reportages idiots de l'Agence fictive planaise (AFP) :
PlanDragon boycottera les JO de Pékin
Monsanti invente la cigarette durable