Les forces de l'ordre "déboussolées"
Les militaires concentrent alors toutes leurs forces dans le centre ville, afin de protéger la population. Un cocktail Molotov, projeté par un habitant, enflamme l'un des malades et met celui-ci hors d'état de nuire, ce que les balles n'avaient pas réussi à faire. La colère supplante alors la peur chez les administrés, qui descendent en nombre dans la rue pour faire justice eux-mêmes, hurlant des insultes à l'attention des militaires. L'armée doit alors intervenir sur deux fronts : retenir la foule en colère et ralentir l'avance des individus atteints du "mal de PlanDragon".
Vers 23h, un bataillon de CRS arrivé en renfort emploie des gaz lacrymogènes pour disperser la population. "Une mesure très impopulaire, mais un préalable indispensable pour faire le tri, puisque les personnes contaminées ne réagissent pas aux gaz. Cela permet de contrer plus efficacement l'avance de celles-ci, sans risquer les dommages collatéraux", expliquera le lieutenant Hartmann commandant le groupement militaire. "Il est trop difficile de protéger des personnes contre leur gré lorsque la menace est aussi résistante. Nous ne pouvions plus faire dans la finesse."

Le face-à-face qui s'engage alors, un temps équilibré, finit par laisser l'avantage aux émeutiers. Acculées dans les ruelles du centre, les forces de l'ordre subissent encore des pertes dans leurs rangs. Dans un sursaut de légitime défense, ils se décident à viser la tête de leurs agresseurs. "C'est l'extrême à laquelle nous ne souhaitions pas arriver", précisera le lieutenant Hartmann, choqué. "Les émeutiers sont encore considérés comme des individus atteints de maladie ; notre mission, à l'origine, est de faire en sorte qu'ils puissent bénéficier d'un traitement et de stopper l'épidémie. C'est un constat d'échec."
Un calme très relatif est revenu peu après minuit dans le bourg de PlanDragon. Toutefois, une partie des individus échappés du centre hospitalier se disperse toujours sur le territoire rural de la commune. Plus que jamais, il est indispensable d'observer les règles de sécurité indiquées par les services de l'Etat et de la commune.

Pas de nouvelles des sept adolescents
fréquentant le Foyer des jeunes
Lorsque l'attaque a commencé, huit adolescents âgés de 15 à 18 ans se trouvaient dans le Foyer des jeunes, situé à proximité du centre hospitalier. Le Foyer aurait été attaqué par un groupe de contaminés. Si l'un des adolescents a pu rejoindre son domicile sain et sauf, les sept autres, qui ont également pris la fuite, manquent encore à l'appel ce matin.

Suspicion de cannibalisme
A l'heure où nous publions ces lignes, le bilan – provisoire – est déjà très lourd. Cinq civils et trois militaires sont morts des suites de leurs morsures à la gorge et à l'abdomen. Quatre des victimes ont été littéralement dépecées par leurs agresseurs. Dans le village, des témoins évoquent des actes de cannibalisme impliquant les malades sur leurs victimes.
Douze autres personnes, dont quatre militaires, grièvement blessées, ont été admises au dispensaire, en attendant que le centre hospitalier, mieux équipé, soit sécurisé.

Le bilan fait également état d'une vingtaine d'individus contaminés tombés ce soir sous le feu des militaires et des habitants. Les médecins ayant constaté leur mort émettent toutefois un avis réservé quant à leur état. "Des confrères avaient déjà constaté leur décès il y a quelques jours à l'hôpital", confie l'un d'eux, sous couvert de l'anonymat. "Dans cette affaire, nous manquons encore d'éléments scientifiques pour tirer des conclusions fiables."

(c) B. Barrot - AFP


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Photo originale trouvée sur Flickr mais je ne sais plus de qui elle est ! Si le photographe se reconnaît, qu'il se manifeste, je le créditerai bien volontiers.