"Nuit irréelle" à PlanDragon : 3 militaires et 5 civils tués
(Attention, contenu explicite)
dimanche 6 janvier 2008, 4h41, AFP
PLANDRAGON (AFP) - Les événements se précipitent à PlanDragon, après que des personnes contaminées se sont échappées de l'hôpital et ont agressé des habitants • La riposte des troupes militaires situées à proximité a échoué à stopper leur progression • 3 soldats sont morts dans l'action militaire • Le village est sans nouvelle des sept adolescents qui passaient leur soirée au Foyer des jeunes.
C'est une "nuit irréelle", selon le maire Bernard Fabry, qui vient de secouer la petite ville de PlanDragon.
Hier soir vers 22h15, une quarantaine de malades atteints du mystérieux "mal de PlanDragon" sortent en force du centre hospitalier du Val-du-Dragon. En apparence désorganisés, ils s'en prennent de façon violente et spontanée aux habitants encore dehors malgré le couvre-feu instauré avant-hier.
Alertés par des voisins et par la police municipale, les militaires en poste sur les axes secondaires de la commune de PlanDragon se déploient immédiatement dans le secteur touché par les troubles, bouclant en quelques minutes le périmètre incluant le centre hospitalier, le Foyer des jeunes, le collège Mont-Sauvy, le supermarché Lidl et les entrepôts Tonfoni.
Insensibles aux armes à feu
Les militaires tentent, sans grand effet, de maîtriser les individus qui s'acharnent parfois à cinq ou six sur les habitants tombés au sol. Dans la mêlée, les agresseurs insensibles aux matraques contre-attaquent et s'en prennent aux soldats, en mordant cinq d'entre eux, dont deux mourront dans les minutes suivantes. Pour la première fois, les militaires restés en arrière ouvrent le feu sur les plus agressifs. Bien que touchés par les balles en pleine poitrine et dans les jambes, les individus continuent leur progression ; passant finalement à travers un barrage des forces de l'ordre, une partie d'entre eux se dirige vers le centre ville.

(Des individus contaminés, quelques minutes après l'action militaire)
Les forces de l'ordre "déboussolées"
Les militaires concentrent alors toutes leurs forces dans le centre ville, afin de protéger la population. Un cocktail Molotov, projeté par un habitant, enflamme l'un des malades et met celui-ci hors d'état de nuire, ce que les balles n'avaient pas réussi à faire. La colère supplante alors la peur chez les administrés, qui descendent en nombre dans la rue pour faire justice eux-mêmes, hurlant des insultes à l'attention des militaires. L'armée doit alors intervenir sur deux fronts : retenir la foule en colère et ralentir l'avance des individus atteints du "mal de PlanDragon".
Vers 23h, un bataillon de CRS arrivé en renfort emploie des gaz lacrymogènes pour disperser la population. "Une mesure très impopulaire, mais un préalable indispensable pour faire le tri, puisque les personnes contaminées ne réagissent pas aux gaz. Cela permet de contrer plus efficacement l'avance de celles-ci, sans risquer les dommages collatéraux", expliquera le lieutenant Hartmann commandant le groupement militaire. "Il est trop difficile de protéger des personnes contre leur gré lorsque la menace est aussi résistante. Nous ne pouvions plus faire dans la finesse."
Le face-à-face qui s'engage alors, un temps équilibré, finit par laisser l'avantage aux émeutiers. Acculées dans les ruelles du centre, les forces de l'ordre subissent encore des pertes dans leurs rangs. Dans un sursaut de légitime défense, ils se décident à viser la tête de leurs agresseurs. "C'est l'extrême à laquelle nous ne souhaitions pas arriver", précisera le lieutenant Hartmann, choqué. "Les émeutiers sont encore considérés comme des individus atteints de maladie ; notre mission, à l'origine, est de faire en sorte qu'ils puissent bénéficier d'un traitement et de stopper l'épidémie. C'est un constat d'échec."
Un calme très relatif est revenu peu après minuit dans le bourg de PlanDragon. Toutefois, une partie des individus échappés du centre hospitalier se disperse toujours sur le territoire rural de la commune. Plus que jamais, il est indispensable d'observer les règles de sécurité indiquées par les services de l'Etat et de la commune.
Pas de nouvelles des sept adolescents
fréquentant le Foyer des jeunes
Lorsque l'attaque a commencé, huit adolescents âgés de 15 à 18 ans se trouvaient dans le Foyer des jeunes, situé à proximité du centre hospitalier. Le Foyer aurait été attaqué par un groupe de contaminés. Si l'un des adolescents a pu rejoindre son domicile sain et sauf, les sept autres, qui ont également pris la fuite, manquent encore à l'appel ce matin.
Suspicion de cannibalisme
A l'heure où nous publions ces lignes, le bilan – provisoire – est déjà très lourd. Cinq civils et trois militaires sont morts des suites de leurs morsures à la gorge et à l'abdomen. Quatre des victimes ont été littéralement dépecées par leurs agresseurs. Dans le village, des témoins évoquent des actes de cannibalisme impliquant les malades sur leurs victimes.
Douze autres personnes, dont quatre militaires, grièvement blessées, ont été admises au dispensaire, en attendant que le centre hospitalier, mieux équipé, soit sécurisé.
Le bilan fait également état d'une vingtaine d'individus contaminés tombés ce soir sous le feu des militaires et des habitants. Les médecins ayant constaté leur mort émettent toutefois un avis réservé quant à leur état. "Des confrères avaient déjà constaté leur décès il y a quelques jours à l'hôpital", confie l'un d'eux, sous couvert de l'anonymat. "Dans cette affaire, nous manquons encore d'éléments scientifiques pour tirer des conclusions fiables."
(c) B. Barrot - AFP
Lire aussi :
Autres reportages de l'Agence fictive planaise (AFP) :
Bernard Fabry somme les habitants de rester à domicile
Le mort se réveille et agresse un agent, selon un infirmier
Un enfant se fait attaquer par du lierre grimpant
Photo originale trouvée sur Flickr mais je ne sais plus de qui elle est ! Si le photographe se reconnaît, qu'il se manifeste, je le créditerai bien volontiers.
Sébi
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