La machine sortit de terre au petit matin dans le jardin des Schmidt.


Quand il ouvrit ses volets vers 6h52, François crut que les voisins avaient enfin lancé le chantier d'agrandissement de leur pavillon, la construction de l'étage supplémentaire dont ils rêvaient depuis des années. A 6h53, il comprit que la machine était en fait en train de démolir la maison des Schmidt. Elle en avait déjà démonté le toit, fait tomber quelques murs, et à présent elle en déplaçait les décombres avec minutie.


Le passage dégagé, un deuxième bras s'extirpa de la terre et commença à fouiller les gravats, dont il ressortit le corps désarticulé de Mme Schmidt. Malgré l'obscurité, François distingua la machine plonger une sonde, transparente et lumineuse, dans le thorax de sa voisine et en aspirer d'un trait le contenu. Terrifié, il courut réveiller sa femme.


A 13h26, François en fuite, comme tous les survivants de son village, courait hagard et pieds nus dans les rues dévastées, se cachait dans les fourrés, tentait de gagner un abri de fortune dans lequel les machines arachnoïdes ne pourraient le débusquer. Il ne possédait plus rien dont il soit sûr, pas même ses esprits. Et pire que tout, depuis plusieurs heures il avait perdu la trace d'Elodie.